Les autorités ont recouru à une force excessive pour mettre fin à des manifestations. Des personnes ont été arrêtées parce qu’elles avaient exprimé des opinions politiques dissidentes. La torture était couramment pratiquée contre des suspects, et un détenu serait mort des suites de tels actes. En Casamance (sud du pays), les affrontements opposant les forces nationales à un groupe armé se sont intensifiés à la fin de l’année, faisant plusieurs victimes parmi la population civile. Faisant fi de leurs obligations au regard du droit international et des demandes répétées de l’Union africaine, les autorités sénégalaises ne se montraient aucunement disposées à juger l’ancien président tchadien Hissène Habré.
Le conflit entre l’armée et le Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC) s’est intensifié à la fin de l’année, faisant plusieurs victimes parmi les civils et les militaires.
Tout au long de 2011, des manifestations de grande ampleur ont été organisées, en particulier à Dakar, la capitale du pays, pour protester contre le fait que le président Abdoulaye Wade briguerait un troisième mandat lors de l’élection de 2012.
En juin, des affrontements violents ont opposé à Dakar la police antiémeutes à des manifestants qui dénonçaient un projet de loi visant à modifier les règles du scrutin présidentiel. La pression de la rue a finalement conduit au retrait du texte.
En juin, le décret d’application d’une loi instituant un Observateur national des lieux de privation de liberté a été adopté ; toutefois, personne n’avait encore été désigné à ce poste à la fin de l’année.
Top of pagePlusieurs civils ont été tués ou blessés lors d’affrontements entre le MFDC et l’armée.
Tout au long de l’année, les autorités ont répondu par la force aux manifestations de protestation contre la situation politique et économique.
Plusieurs personnes ont été interpellées et une autre a été condamnée à une peine d’emprisonnement pour avoir publiquement pris position contre le gouvernement.
Il arrivait régulièrement que des policiers torturent des suspects ; une personne serait morte des suites de tels actes.
L’Union africaine a déclaré en mars que l’ex-président tchadien Hissène Habré devait être jugé au Sénégal par une juridiction spéciale. En juin, un collectif regroupant des ONG et des victimes du régime d’Hissène Habré a déposé plainte contre le Sénégal auprès de la Cour internationale de justice, l’accusant de n’avoir ni jugé ni extradé l’ancien chef d’État. Les autorités sénégalaises ont annoncé en juillet leur intention de renvoyer Hissène Habré au Tchad, où il a été condamné à mort par contumace. Son expulsion a toutefois été suspendue à la demande expresse de différents organismes des Nations unies et organisations de défense des droits humains.
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