Le gouvernement a eu recours de plus en plus souvent à des lois rédigées en des termes vagues, notamment sur la sécurité nationale et sur la diffamation, pour harceler et faire taire ses critiques. La Cour constitutionnelle a conclu en février que la peine de mort n’était pas contraire à la Constitution. En octobre et en novembre, elle a par ailleurs procédé à une série d’auditions, afin de savoir si les restrictions pesant sur la mobilité professionnelle des travailleurs immigrés et l’impossibilité pour un appelé au service militaire de faire valoir son objection de conscience constituaient ou non des violations des droits fondamentaux de la personne.
Les tensions entre la Corée du Sud et la Corée du Nord ont été exacerbées par plusieurs incidents survenus en mer Jaune (voir Corée du Nord). La Commission nationale des droits humains de Corée du Sud a été accusée d’avoir perdu de son indépendance et de son autorité dans sa configuration actuelle. En particulier, elle n’a pas réagi à un certain nombre d’affaires importantes relevant de ses compétences. Plusieurs commissaires et experts ont donné leur démission et les nouvelles nominations obéissaient manifestement à des considérations d’ordre politique.
Haut de la pageDes dispositions – aux formulations vagues – de la Loi de 1948 relative à la sécurité nationale (dont la dernière modification remontait à 1997) étaient de plus en plus souvent invoquées pour faire taire les voix dissidentes et poursuivre arbitrairement en justice certaines personnes qui ne faisaient qu’exercer pacifiquement leur droit à la liberté d’expression et d’association. Au mois d’août, 106 personnes avaient été inculpées au titre de la Loi relative à la sécurité nationale et 13 avaient été placées en détention, selon la Direction de la police nationale. Au moins sept personnes se trouvaient en prison à la fin de l’année pour avoir voulu exercer pacifiquement leur droit à la liberté d’expression. Les autorités continuaient d’invoquer l’article 7 de cette loi (qui sanctionne les personnes faisant l’apologie de groupes hostiles à l’État ou favorables à de tels groupes) pour réprimer la publication ou la diffusion de documents considérés comme « avantageux » pour la Corée du Nord.
Les autorités continuaient d’imposer des limites au droit de la population de manifester pacifiquement. Une nouvelle loi, adoptée le 1er octobre, à la veille du sommet du G20, interdisait les manifestations « dans les lieux de sécurité ». À l’approche de cette rencontre internationale, des policiers antiémeutes (essentiellement des appelés du contingent) ont été déployés en grand nombre. Les forces de sécurité ont utilisé le 7 novembre une solution de capsaïcine (un agent irritant provoquant une sensation de brûlure) pour réprimer une manifestation d’opposants au G20.
En novembre, la Cour constitutionnelle, appelée à délibérer sur le caractère attentatoire aux droits fondamentaux de l’individu d’une sanction pénale imposée aux personnes refusant, pour raison de conscience, d’effectuer leur service militaire (y compris dans les forces de réserve), a entendu les arguments oraux de diverses parties. La Cour devait également déterminer si le fait de ne pas fournir aux objecteurs de conscience la possibilité d’effectuer un service de substitution constituait ou non une violation de leur droit fondamental à la liberté de conscience. En novembre, il y avait en Corée du Sud 965 prisonniers d’opinion incarcérés pour objection de conscience.
Haut de la pageLa Cour constitutionnelle a entendu en octobre un certain nombre d’avis oraux destinés à l’aider dans ses délibérations concernant le caractère constitutionnel des restrictions imposées aux travailleurs migrants par le dispositif gouvernemental de permis de travail, qui limitait notamment leur capacité à changer d’emploi. Des milliers de travailleurs étrangers ont encore été expulsés cette année.
La Cour constitutionnelle a estimé en février, à cinq voix contre quatre, que la peine de mort ne violait pas « la dignité et la valeur de la personne humaine » telles que garanties par la Constitution. Trois projets de loi visant à abolir la peine capitale avaient été déposés devant l’Assemblée nationale, le dernier en 2010. De nouvelles condamnations à mort ont été prononcées, mais aucune exécution n’a eu lieu. À la fin de l’année, 63 personnes étaient sous le coup d’une sentence capitale ; trois d’entre elles étaient en attente d’un jugement en appel.
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