Le gouvernement a eu recours de plus en plus souvent à la Loi relative à la sécurité nationale pour restreindre la liberté d’expression, notamment dans le cadre des débats concernant la Corée du Nord. Il surveillait étroitement Internet et les réseaux sociaux, tels que Twitter ou Facebook. Aucune exécution n’a eu lieu. La Cour constitutionnelle a statué contre la mobilité professionnelle et les pouvoirs publics ont mené une campagne de répression contre les clandestins ; en conséquence, la situation des travailleurs migrants restait précaire.
La Commission nationale des droits humains, qui fêtait cette année ses 10 ans d’existence, a été soumise à un boycottage de la part des ONG locales de défense des droits fondamentaux. Ces dernières lui reprochaient de ne pas avoir suffisamment consulté la société civile sur les recommandations adressées au ministère de la Justice à l’occasion de l’élaboration par ce dernier d’un nouveau Plan national d’action.
En août, la Cour constitutionnelle a déclaré contraire à la Constitution le fait que le gouvernement n’ait fait aucun effort tangible pour régler les différends l’opposant au Japon à propos de l’indemnisation des Coréennes qui avaient été réduites en esclavage sexuel par l’armée japonaise (voir Japon).
Top of pageLes autorités invoquaient de plus en plus souvent la Loi relative à la sécurité nationale contre des personnes et des organisations considérées comme opposées à la ligne de conduite officielle sur la Corée du Nord. En mars, le rapporteur spécial des Nations unies sur la promotion et la protection du droit à la liberté d’opinion et d’expression, Franck La Rue, a déclaré que l’espace accordé à la liberté d’expression en Corée du Sud était de plus en plus restreint. Il a notamment mis en cause la multiplication des poursuites judiciaires engagées contre les détracteurs du gouvernement, et l’augmentation des actes de harcèlement dont ceux-ci étaient victimes. À la fin de l’année, 135 personnes faisaient l’objet d’une enquête pour atteinte à la Loi relative à la sécurité nationale.
Les personnes qui, sans violence, exprimaient leurs opinions ou diffusaient des informations sur Internet risquaient elles aussi d’être poursuivies en justice. Au 31 octobre, la police avait effacé quelque 67 300 messages publiés en ligne (contre 14 430 seulement en 2009), et qui menaçaient selon elle la sûreté nationale car ils « faisaient l’éloge de la Corée du Nord et critiquaient les États-Unis et le gouvernement ».
Saisi du cas de 100 objecteurs de conscience sud-coréens, le Comité des droits de l’homme [ONU] a estimé en mars que la Corée du Sud avait bafoué leur droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion, garanti par l’article 18 du PIDCP. La décision du Comité imposait à l’État d’offrir un recours utile à ces 100 objecteurs, notamment une indemnisation, et d’éviter de telles violations à l’avenir. La Cour constitutionnelle a cependant considéré en septembre que le fait de refuser d’effectuer son service militaire ne relevait pas du « droit à la liberté de conscience », garanti par la Constitution. En décembre, au moins 810 objecteurs de conscience étaient incarcérés en Corée du Sud.
La mobilisation contre la construction d’une base navale à Gangjeong, un village de l’île de Jeju, s’est poursuivie. De nombreux habitants et militants ont fait l’objet de poursuites, aussi bien civiles que pénales.
Des centaines de travailleurs migrants ont été arrêtés et expulsés dans le cadre d’une campagne de répression contre les sans papiers qui a démarré en septembre.
Un projet de loi sur l’abolition de la peine de mort était en instance d’examen devant l’Assemblée nationale. En septembre, la Corée du Sud n’avait procédé à aucune exécution depuis 5 000 jours. Soixante personnes étaient toujours sous le coup d’une condamnation à mort à la fin de l’année.
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