L’état d’urgence a été déclaré en réponse à l’augmentation de la criminalité. Cette année encore, des homicides commis par des policiers ont été signalés dont certains, d’après les circonstances, pourraient avoir été illégaux.
Le 21 août, le gouvernement a décrété l’état d’urgence pour lutter contre une « menace à la sécurité nationale » aux termes vagues, mais liée au crime organisé. En vertu de ce dispositif, les forces de sécurité pouvaient procéder à des perquisitions et à des arrestations sans mandat, les défilés et rassemblements publics étaient interdits à moins d’avoir été autorisés par la préfecture et un couvre-feu était imposé durant la nuit. L’état d’urgence a été levé le 5 décembre.
Le Premier ministre a annoncé que la fréquence des crimes violents avait considérablement baissé pendant l’état d’urgence. Cependant, il a été signalé à plusieurs reprises que les policiers abusaient de leurs pouvoirs et que les habitants des zones dites « sensibles » étaient pris pour cibles sans discernement. Plus de la moitié des 449 personnes arrêtées pendant l’état d’urgence au titre de la législation sur la lutte antigangs ont été libérées faute de preuves. Le directeur du parquet a reproché à la police des défaillances dans le recueil des éléments de preuve.
Top of pagePlusieurs dizaines de personnes ont été tuées par la police. Souvent, les déclarations des témoins contredisaient la version des policiers qui affirmaient avoir tiré en état de légitime défense.
Des cas de détention arbitraire et de mauvais traitements aux mains de la police durant l’état d’urgence ont été signalés.
En septembre, le ministre de la Justice a annoncé que plus de 100 000 affaires pénales étaient en souffrance devant les tribunaux. Le projet de loi visant à accélérer la procédure judiciaire en supprimant les enquêtes préliminaires a été adopté en décembre.
Top of pageLe nombre de cas de violence sexuelle ayant fait l’objet de plaintes entre janvier et septembre 2011 a diminué de 30 % par rapport à la même période en 2010. Cependant, les violences liées au genre n’étaient pas toutes signalées, notamment en raison du manque de formation des policiers et de la lenteur de la justice. Deux ans et demi après son élaboration, la stratégie nationale sur les questions de genre et le développement n’avait toujours pas été adoptée.
Top of pageDeux hommes ont été condamnés à mort. À la fin de l’année, 31 personnes étaient sous le coup d’une sentence capitale. En janvier, le gouvernement a présenté un projet de loi visant à faciliter la reprise des exécutions. Ce texte a été rejeté par le Parlement en février.
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