Turkménistan - Amnesty International Rapport 2010

La situation des droits humains : TURKMÉNISTAN

Amnesty International  Rapport 2013


L'entrée
Turkménistan est maintenant en ligne

Chef de l’État et du gouvernement
Gourbangouly Berdymoukhammedov
Peine de mort
abolie
Population
5,1 millions
Espérance de vie
64,6 ans
Mortalité des moins de cinq ans (M/F)
72 / 56 ‰
Taux d’alphabétisation des adultes
99,5 %

On était toujours sans nouvelles de plusieurs dizaines de personnes victimes de disparitions forcées en 2002. Des prisonniers d’opinion restaient derrière les barreaux pour avoir exprimé leurs convictions pourtant sans user de violence. La liberté d’expression, d’association et de mouvement restait très limitée.

Disparitions forcées

Les autorités refusaient toujours de donner aux familles et à la population des informations sur le sort de plusieurs dizaines de personnes arrêtées et condamnées à la suite de l’attaque à main armée dont le défunt président Saparmourad Niazov aurait fait l’objet en novembre 2002. Les lettres adressées par les proches de ces disparus à divers responsables gouvernementaux sont restées sans réponse.

  • On était sans nouvelles de Boris Chikhmouradov, ex-ministre des Affaires étrangères de Saparmourad Niazov. Condamné à 25 ans d’emprisonnement en décembre 2002, à l’issue d’un procès à huis clos, il avait vu sa peine aggravée le lendemain en emprisonnement à perpétuité par le Conseil du peuple, un organe aboli en 2008. Sa famille n’a eu aucune nouvelle de lui depuis lors. Sa femme a écrit à plusieurs reprises à des représentants du gouvernement, sans jamais recevoir de réponse. En septembre 2007, lors d’une visite à l’université américaine de Columbia, le président Gourbangouly Berdymoukhammedov aurait déclaré qu’il avait « la certitude » que Boris Chikhmouradov était en vie. C’est la seule information qui ait été donnée sur son sort depuis sa condamnation à l’emprisonnement à perpétuité.

Répression de la dissidence

Toute la presse, qu’elle soit sur papier ou en ligne, demeurait sous le contrôle de l’État. Les autorités bloquaient toujours l’accès aux sites Internet créés par les opposants et les dissidents en exil. Les journalistes travaillant pour la presse indépendante étrangère étaient harcelés par la police et par les services de la sûreté nationale. Les autorités continuaient de faire pression sur les proches d’opposants en exil, en les mettant notamment sur une « liste noire » des personnes n’ayant pas le droit de quitter le territoire national.

  • Osmankouly Khalliev, correspondant de Radio Free Europe/Radio Liberty News Service (RFE/RL) dans la province de Lebap, a cette année encore été harcelé par l’administration locale, en raison de sa collaboration avec le service en turkmène du réseau international. Il a été placé en résidence surveillée au mois de janvier, après avoir couvert les élections législatives de décembre 2008. Il a fait savoir à son employeur que son fils, sa belle-fille et son gendre avaient été licenciés en représailles, parce qu’il travaillait pour RFE/RL. Il a porté plainte auprès des services locaux du parquet, sans obtenir de réponse.
  • Ovez Annaev est mort le 15 novembre à l’âge de 46 ans. Il n’avait pas obtenu l’autorisation de se rendre à Moscou pour y suivre un traitement contre la maladie de cœur dont il souffrait. Or il lui était impossible de bénéficier de ce traitement au Turkménistan. Comme d’autres membres de sa famille, il était sous le coup d’une interdiction de voyager à l’étranger depuis la condamnation par contumace de son beau-frère, Koudaïberdy Orazov, dirigeant en exil du mouvement d’opposition Vatan (Patrie), à une peine d’emprisonnement à perpétuité, après l’attentat qui aurait visé en novembre 2002 feu le président Saparmourad Niazov.

Prisonniers d’opinion

  • Le militant écologiste Andreï Zatoka a été remis en liberté le 6 novembre, après que le tribunal régional de Dachogouz eut réexaminé son dossier et commué la peine qui lui avait été infligée initialement en une amende de 1 000 manats (environ 260 euros). Il avait été condamné le 29 octobre, à l’issue d’un procès non équitable, à cinq années d’emprisonnement pour « houliganisme » et coups et blessures sur la personne d’un individu qui l’avait attaqué, le 20 octobre, sur un marché. Il a expliqué à Amnesty International qu’il avait été libéré à condition de renoncer à sa qualité de citoyen du Turkménistan et de s’exiler. Après avoir payé l’amende, il a dû quitter le pays le 7 novembre avec sa femme, pour se rendre en Russie en n’emportant que quelques affaires. Il craignait en outre que le gouvernement ne confisque l’appartement dont il était propriétaire. Amnesty International estime qu’il a été pris pour cible en raison de ses activités pacifiques de militant écologiste.

Les autorités ont cette année encore invoqué des chefs d’inculpation fabriqués de toutes pièces contre des dissidents non violents, afin de les réduire au silence.

  • Condamnés en août 2006, à l’issue d’un procès non équitable, à sept années d’emprisonnement pour détention ou vente illégale de munitions ou d’armes à feu, les militants des droits humains Annakourban Amanklytchev et Sapardourdy Khadjiev étaient toujours en détention. Les deux hommes étaient proches de la Fondation Helsinki du Turkménistan, une organisation de défense des droits humains dont les responsables vivaient en exil.

Liberté de religion – témoins de Jéhovah

  • Selon l’organisation internationale de défense des droits humains Forum 18, deux jeunes témoins de Jéhovah, Chadourdi Ouchotov et Akmourat Eguendourdiev, ont été condamnés en juillet respectivement à deux ans et à 18 mois d’internement dans un camp de travail, pour avoir refusé d’effectuer leur service militaire obligatoire.
  • Au mois de mai, le tribunal municipal de Serdar a annulé le sursis dont étaient assorties les peines de deux ans d’emprisonnement auxquelles avaient été condamnés deux frères, témoins de Jéhovah, Sakhetmourad et Moukhammedmourad Annamamedov. Ces derniers ont été arrêtés pour passer en prison les 18 mois qu’il leur restait à purger. Les deux frères ont interjeté appel le 3 juin devant le tribunal régional de Balkanabad, contestant la décision d’annuler le sursis dont ils avaient bénéficié. Cet appel a été rejeté le 30 juin.

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