Turkménistan
Chef de l’État et du gouvernement :
Gourbangouly Berdymoukhammedov

Une loi sur les partis politiques, autorisant la formation d’une opposition politique de principe, a été adoptée. Les opposants au régime, les journalistes et les défenseurs des droits humains continuaient néanmoins de faire l’objet d’actes de harcèlement de la part des pouvoirs publics. La torture et les autres formes de mauvais traitements demeuraient très répandues.

Contexte

Le président sortant, Gourbangouly Berdymoukhammedov, a été réélu en février avec 97,4 % des suffrages. L’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) n’avait pas envoyé d’observateurs, considérant que les libertés politiques étaient limitées au Turkménistan.

Le Comité des droits de l’homme [ONU] a estimé en mars que, malgré la « volonté nouvelle » manifestée par le Turkménistan d’améliorer son bilan en matière de respect des droits humains, un fossé séparait toujours les textes de la pratique.

Le Turkménistan restait fermé aux observateurs internationaux. À l’exception du CICR, qui a pu effectuer une visite dans le pays, aucune organisation internationale indépendante n’a été autorisée à réaliser un travail de surveillance. Le Turkménistan ne coopérait pas pleinement avec les différents mécanismes de défense des droits humains des Nations unies.

Le 9 octobre, la Sous-Commission des droits de l’homme du Parlement européen a tenu plusieurs auditions sur la question des droits fondamentaux au Turkménistan.

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Liberté d’expression et d’association

Les défenseurs des droits humains ne pouvaient pas agir ouvertement. Les articles et reportages critiques étaient rarement tolérés et les journalistes, les défenseurs des droits humains et, plus généralement, les militants continuaient d’être la cible de manœuvres de harcèlement.

Plusieurs prisonniers d’opinion étaient toujours incarcérés pour avoir exercé pacifiquement leur droit à la liberté d’expression. Annakourban Amanklytchev et Sapardourdy Khadjiev étaient toujours détenus arbitrairement à la fin de l’année. Ils avaient été condamnés en août 2006 pour leur action en faveur des droits humains, à l’issue de procès non équitables.

  • La Loi sur les partis politiques, qui légalisait la constitution de formations politiques, a été adoptée le 11 janvier. Le Parti des industriels et des entrepreneurs a été fondé le 21 août. Il s’agissait de la première formation politique autre que le Parti démocratique (au pouvoir) officiellement autorisée depuis 1991. Les défenseurs des droits humains et les militants d’opposition doutaient cependant de la volonté du gouvernement de permettre un véritable débat politique ouvert.
  • Le 5 octobre, l’ancien ministre Gueldymourad Nourmoukhammedov a été arrêté à Achgabat et envoyé pour six mois dans un centre de désintoxication situé à Dachogouz. Or, il n’était apparemment pas consommateur de drogue. Il était à craindre qu’il ne soit soumis de force à un traitement médical, peut-être pour le punir de ses activités politiques et d’avoir accordé à Radio Free Europe/Radio Liberty une interview, dans laquelle il avait critiqué le gouvernement et qualifié d’« illégal » le parti au pouvoir.
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Torture et autres mauvais traitements

Des informations dignes de foi ont fait état d’actes de torture et d’autres mauvais traitements perpétrés par des agents des forces de sécurité sur des suspects de droit commun. Les méthodes utilisées étaient entre autres la torture à l’électricité, l’asphyxie, le viol, l’administration forcée de psychotropes, la privation de nourriture et d’eau, ou encore l’exposition à un froid glacial. L’impunité était toujours la norme pour ce genre d’agissements et les plaintes des victimes restaient généralement sans suite.

  • Le ministère des Affaires étrangères a annoncé le 4 août que le Code pénal avait été modifié et que la torture était désormais définie comme une infraction pénale.
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Conditions carcérales

Les conditions de détention ne satisfaisaient pas aux normes internationales. La surpopulation, des conditions sanitaires déplorables et une mauvaise alimentation (autant de carences propices à la propagation des maladies) constituaient le lot de nombreux détenus. Les prisonniers étaient souvent obligés de verser des pots-de-vin pour obtenir de la nourriture ou des médicaments.

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Disparitions forcées et détention au secret

On ne savait toujours pas ce qu’étaient devenues plusieurs dizaines de personnes qui avaient été condamnées en 2002 et 2003, à l’issue de procès non équitables, pour leur implication dans une tentative présumée d’assassinat de Saparmourad Niazov, le président de l’époque. Les familles de ces personnes étaient sans nouvelles d’elles depuis plus de 10 ans. Elles ne savaient même pas si leurs proches étaient encore en vie. Selon certaines informations, les autorités harcèleraient et menaceraient les membres des familles cherchant à exercer un recours.

Des sources non gouvernementales ont indiqué qu’au moins huit des personnes condamnées étaient mortes en détention. Les pouvoirs publics restaient toutefois muets sur la question et n’avaient ouvert aucune enquête.

  • Tirkich Tyrmyev, ancien commandant des troupes frontalières du Turkménistan, a été condamné à 10 ans d’emprisonnement pour abus de pouvoir en 2002. Ses proches ignoraient où il se trouvait. Ils ont cependant indiqué en mars qu’il avait été condamné à sept années de détention supplémentaires, alors que l’expiration de sa première peine était proche, pour une infraction présumée à l’encontre d’un surveillant de prison.
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Droit de circuler librement

Le système de la propiska, aux termes duquel chacun devait faire enregistrer son lieu de résidence, était toujours en place. Il constituait une restriction du droit de circuler librement, ainsi qu’une entrave à l’accès à un logement, à un emploi ou à certains services.

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