Les dissidents faisaient toujours l’objet d’une dure répression, marquée par de fortes restrictions de la liberté d’expression, d’association et de réunion non violente. Cette répression s’est exercée contre les détracteurs des orientations du gouvernement, notamment les militants sociaux et politiques. Au moins neuf procès intentés contre 20 dissidents au total ont eu lieu cette année. Les dispositions du Code pénal de 1999, aux formulations vagues, étaient invoquées dans la pratique pour réprimer pénalement des activités pacifiques relevant de la dissidence politique ou sociale. Malgré la censure d’Internet que le gouvernement continuait d’imposer, les réseaux sociaux ont semble-t-il attiré de plus en plus de monde, les internautes trouvant sur la toile des moyens de contourner les obstacles érigés par les pouvoirs publics. Plusieurs dizaines de prisonniers d’opinion étaient toujours en détention. Les groupes religieux ou ethniques perçus comme opposés au gouvernement ont cette année encore fait l’objet d’atteintes à leurs droits fondamentaux. Selon les articles parus dans la presse, 23 personnes ont été condamnées à mort et cinq autres ont été exécutées cette année. Ces chiffres étaient vraisemblablement en deçà de la réalité. Les chiffres officiels sur la peine capitale demeuraient classés secrets.
Un nouveau gouvernement a été constitué en juillet et le Premier ministre a été reconduit dans ses fonctions pour un deuxième mandat de cinq ans.
Les autorités ont laissé se dérouler, entre juin et août, une série de manifestations antichinoises dans les rues de la capitale, Hanoï, alors que la tension montait entre les deux pays à propos de la souveraineté sur des territoires disputés en mer de Chine méridionale, les îles Spratley et Paracel.
Le rapporteur spécial des Nations unies sur le droit qu’a toute personne de jouir du meilleur état de santé physique et mentale possible s’est rendu au Viêt-Nam en décembre. Il a appelé à la fermeture immédiate des centres pour toxicomanes et travailleurs du sexe, dénonçant notamment le caractère obligatoire du placement dans ces établissements, ainsi que l’administration de traitements sans le consentement des intéressés.
En décembre, les pays donateurs réunis à Hanoï dans le cadre d’un groupe consultatif ont demandé au gouvernement de respecter davantage les droits humains, soulignant que la répression exercée contre les dissidents menaçait la crédibilité internationale du Viêt-Nam.
Top of pageDe sévères restrictions continuaient de peser sur la liberté d’expression et d’association, les personnes critiques à l’égard de la politique du gouvernement faisant l’objet d’une forte répression. Cette répression visait plus particulièrement celles et ceux qui militaient en faveur de la démocratie ou de réformes, sur des questions écologiques, sur le droit à la terre ou les droits du travail, ou encore sur les droits des minorités ethniques et religieuses. Pour sanctionner des dissidents pacifiques, les autorités ont invoqué le chapitre du Code pénal de 1999 relatif à la sécurité nationale – notamment les articles 79 (activités visant à « renverser » l’État) et 88 (« propagande » contre l’État) –, qui était rédigé en des termes vagues.
Au moins neuf procès intentés contre 20 dissidents au total ont eu lieu cette année. Plus de 18 personnes, dont au moins 13 militants catholiques qui soutenaient le dissident Cu Huy Ha Vu, ont été arrêtées. Elles étaient maintenues en détention provisoire à la fin de l’année.
Des dizaines de prisonniers d’opinion arrêtés les années précédentes et condamnés à de lourdes peines à l’issue de procès inéquitables étaient toujours en détention. Nombre d’entre eux étaient liés au mouvement Bloc 8406, qui milite sur Internet en faveur de la démocratie.
Quelques rares libérations sont intervenues cette année. L’écrivaine dissidente Tran Khai Thanh Thuy a ainsi été libérée en juillet, avant la fin de sa peine, après avoir accepté de s’exiler à l’étranger. Truong Quoc Huy, technicien en téléphonie mobile, a été remis en liberté en décembre, huit mois avant l’expiration de la peine de six ans d’emprisonnement à laquelle il avait été condamné. L’avocat spécialisé dans la défense des droits humains Nguyen Van Dai a été quant à lui relâché en mars, après avoir purgé une peine de quatre ans d’emprisonnement. Ces deux dernières personnes ont été placées en résidence surveillée pour une durée maximum de quatre ans.
Les forces de sécurité ont cette année encore harcelé et étroitement surveillé les membres de groupes religieux ou ethniques considérés comme opposés au gouvernement. Des litiges fonciers opposaient toujours certaines autorités locales et l’Église catholique. Des agents de la force publique ont dans certains cas fait un usage injustifié ou excessif de la force contre des manifestants pacifiques. Le patriarche suprême de l’Église bouddhique unifiée du Viêt-Nam (interdite) était toujours, de fait, en résidence surveillée. Un nombre indéterminé de personnes appartenant aux ethnies « montagnardes » du centre du pays, arrêtées à la suite des manifestations qui avaient eu lieu dans cette région en 2001 et 2004, se trouvaient toujours derrière les barreaux.